lundi 31 décembre 2007

Les années se suivent et se chiffrent

Ah, nous y voilà ... aux bons voeux de l'an 2008 ! L'année numéro 1 ! Oui, l'année 2008 réduite à sa plus simple expression numérique donne 1 (2+0+0+8=10, 1+0 = 1).

Les bons voeux s'accompagnent souvent d'un bilan. Certains de mes consoeurs et confrères (un discours ! ... un discours ! ) blogueurs ont lancé leur bilan ; ils ferment leurs livres. En cette dernière année, la 9 (oui, oui, faites-le calcul), je n'ai pas compilé mes lectures, pourtant j'aime compiler. J'ai toujours l'impression que les chiffres révèlent de l'indiscutable et c'est une fille qui raffole des mots qui le dit. Une fille qui en utilise abondamment ... vous le savez. Probablement que pour celle qui s'en vient, je vais compiler mes lectures. C'est confrontant mais je vais sûrement le faire. En attendant, mon bilan 2007 sera en mots.


En 2007, encouragée par Les Correspondances d'Eastman, j'ai mis au monde un blogue qui devise principalement de littérature. Je ne dis pas tout de suite de littérature québécoise parce que ça, au départ, je ne le savais pas. Je savais seulement que Les Correspondances d'Eastman, par son événement, commence par soigner ses propres écrivains avant d'aller bichonner les autres. Les invités. On aime les invités, on les reçoit à bras ouverts les invités mais sans négliger les résidents. Ses résidents sont les écrivains de chez nous, nés ailleurs parfois, mais dont le coeur bat au rythme du Québec et qui sont publiés par nos maisons d'édition.


Rapidement, j'ai réalisé que nous avions une littérature bien à nous et du coup, j'ai pris conscience que, comme jadis (peut-on enfin dire jadis ?) le cinéma québécois, la littérature québécoise avait une réputation réductrice. Je me suis identifiée à notre littérature. A priori, je m'y intéresse parce qu'elle est nous. Tout simplement. Un peu comme un vêtement ou une oeuvre québécoise m'interpelle, la littérature le fait. C'est de ma famille immédiate dont il s'agit.


Bien évidemment, j'aime lire tous les autres auteurs, avec infiniment de plaisir d'ailleurs. Mais j'ai toujours eu un faible pour les plus faibles. Oui, j'assume ce mot, « faible ». Nous sommes en si petit nombre et nos auteurs sont si peu lus, à preuve ce récent refus par une librairie de livres usagés (Le Tourne-Livres de Sherbrooke) de prendre des livres québécois parce qu'ils ne se vendent pas.


À travers mon sentiment initial de privilégier notre littérature, il y avait une dose de responsabilité. Aujourd'hui, c'est devenu du plaisir à l'état pur. Et ça, je tenais à le partager avec vous ! Le plaisir se répand beaucoup plus aisément que la responsabilité, vous ne trouvez pas ?

Je vous souhaite de découvrir votre littérature, de l'apprivoiser, de l'aimer. Vous allez aussi découvrir que vous vous aimez et c'est la plus grande faveur que vous pouvez vous faire.

Je vous le dis, la 2008, c'est numéro 1 !

dimanche 30 décembre 2007

Épuisement de certains ... livres

Vous vous rappelez de ma difficulté à donner une BD à mon bédéiste de mari qui les collectionne ? Ce Noël-ci, je croyais avoir fait la découverte du siècle en inscrivant sur ma liste d'achats Chroniques Birmanes de Guy Delisle. Un ami fervent de bédés m'avait félicité de mon initiative en me laissant un mot que je vous transcrit pour que vous puissiez en profiter, des fois que vous aurait échappé ce mot coloré, enthousiaste, outré, passionné, enflammé :

Pierre-Greg a dit…

Comment ça, «zéro mots passés par vous»!! C'est bien parce que cette chronique porte sur la BD, cette mal aimée que tous attribuent aux rires et aux enfants! GRRR!!! Qu'est-ce que j'ai hâte que les gens réalisent que plus de la moitié des BD actuelles ne s'adressent absolument pas aux enfants ni même aux ados!! Cette oeuvre de Delisle en est un bon exemple, d'ailleurs: je ne connais aucun jeune de 8 ou 13 ans qui s'y intéresseraient... mais je crois que bien des adultes gagneraient à s'ouvrir les yeux sur ces réalités birmanes, moi le premier.

Tout ça pour te dire, chère Venise, que OUI, ton choix est excellent et complètera très bien la collection bédéesque de ton charmant époux!!

C'est clair comme de l'eau de roche que j'avais une bonne idée, n'est-ce pas ? Mais ce fut un échec, Marc la considérant comme une incontournable était déterminé à se l'acheter lui-même. Mais là aussi, c'est un échec puisqu'elle est déjà épuisée (les Fêtes, ça épuise pas seulement les gens !). Elle est en réédition, ce qui veut dire que le succès a dépassé les espérances de l'éditeur. La collection « shampoing » de DELCOURT a été déjouée et la force de frappe de ce Québécois en exil, mal jaugée. J'ai aussi appris que Marc a déjà dessiné au côté de ce maintenant illustre bédéiste outre-Atlantique. Je ne soupe pas avec n'importe qui ! Je mange mon "spaghatte" à côté du collègue de travail d'une vedette si populaire que même une grande maison d'édition prétendument ayant les moyens n'arrive pas à évaluer la clientèle.

N'empêche que c'est un bien mauvais calcul pour une maison d'édition de manquer d'un livre dans le Temps des fêtes. Est-ce que cela vous est arrivé cette année ? Dans mon cas, j'ai reçu « Les Accoucheuses de Anne-Marie Sicotte, au lieu du Le reste du temps de Esther Croft, écrivaine que j'aimerais connaître parce que je vais la rencontrer dans le cadre du Festival des écrits de l'ombre auquel je vais participer de nouveau en mai. Elle en est la marraine depuis trois ans (non pas la porte-parole).

Mais je vais vous confier un secret, en autant que vous ne l'ébruitez pas : une fois que nous aurons pris possession du nôtre, (bais oui, je vais le lire ... euh, pardon, tenter de le lire), il en restera un exemplaire à la librairie GGC de Sherbrooke ...

vendredi 28 décembre 2007

Aimez-vous les concours ?


Moi, j'aime ça, les concours ! Un passeport, assez souvent gratuit ou en échange d'un petit effort, ça vaut la peine pour rêver de s'envoler vers Paris. Ou de remplir une tablette de bibliothèque avec 42 titres. Ou une bonne bouteille à déguster en lisant le livre convoité mais pas trouvé sous l'arbre. La Librairie Monet fête ses 30 ans et a la générosité de nous offrir ces présents via un concours. Le seul hic, je l'ai appris tardivement, il ferme ses portes en même temps que la fin de l'année. Il reste donc trois jours à partir de demain, c'est tout de même suffisant pour vous procurer :

"Le Passeport Monet à la caisse de la librairie. Pour chacune des dix régions géographiques figurant dans le passeport, inscrivez le nom d'un auteur de cette région dans la case appropriée. Vous aurez du 1er octobre 2007 au 31 décembre 2007 pour parcourir le plus de livres possible. Les passeports devront nous parvenir par la poste ou être déposés au comptoir-caisse de la Librairie Monet au plus tard le lundi 31 décembre 2007 à 17 heures. Le tirage au sort aura lieu le lundi 7 janvier 2008 à la Librairie Monet."

1er prix : Une paire de billets d'avion pour Paris de Vacances Transat
2e et 3 prix : Un
ensemble de 42 titres de Gallimard et du Seuil
4e prix : Un
ensemble de 6 produits de la Société des alcools du Québec et 30 chèques-cadeaux d'une valeur de 30$


Il y a un deuxième concours et vous avez amplement le temps pour celui-ci. Vous connaissez sûrement quelqu'un qui a de bonnes idées et qui dessine bien (vous peut-être ?), faites-lui savoir qu'il peut être éditer. Le seul prérequis, assez facile à honorer à mon avis ; ne pas avoir déjà publié d'album BD :

« Les créateurs doivent présenter le synopsis complet de leur récit et 10 % de la totalité des planches qui le composeront au plus tard le 31 janvier 2008. Le lauréat du concours se méritera l’édition, la promotion et la distribution de son projet dans les librairies du Québec. Le lancement officiel aura lieu lors de l’édition 2008 du Salon du livre de Montréal, simultanément à l’annonce de la 4e édition du concours. Le lauréat se méritera aussi une bourse de 1000 $, dévolue à la création d’un deuxième album ».

J'ai été très impressionnée par ma visite du site de la Librairie Monet. Il vaut le détour d'une souris, je vous l'assure. Il charme l'oeil, il est d'une grande clarté, les informations abondent à ce point qu'on oublie presque que c'est un commerce ! Ça sent la mission et la passion et ils me donnent envie de croire mot pour mot ce qu'ils affirment :

"Nous sommes des passeurs de culture ; nous créons un lien entre le livre et le lecteur. Nous croyons que la place accordée aux livres dans notre vie peut faire une différence dans la qualité de nos rapports en tant qu’êtres sociaux. C’est ainsi que nous participons à une réflexion sur le rôle de la librairie en ce début de XXIe siècle".

Visite virtuelle de la librairie : ici

Visite réelle de la librairie (comment s'y rendre !) ici.

mercredi 26 décembre 2007

Ces livres que l'on attend pas

Deux dépouillements d'arbres de Noël plus tard, me voici riche de quatre livres de plus, découvrez, si ça vous tente, mes commentaires avant lecture.
  • Les Accoucheuses La Révolte, Anne-Marie Sicotte (VLB). Livre très attendu puisque j'ai terminé le premier tome dans l'auto à l'aller vers St-Prosper (près de Ste-Anne de la Pérade) pour rendre visite à mes fils.
  • Chroniques du lézard de Maya Ombasic (Marchand de feuilles). Mini-livre de nouvelles où la typographie du nom de l'auteure est presque 3 fois plus gros que le titre ... Spécial !
  • Tarquimpol de Serge Lamothe (Alto). Ici, c'est le titre qui est spécial et la question en quatrième de couverture est très prenante : Peut-on vraiment, sans avoir à mentir, aimer plusieurs personnes à la fois, avec une affection et une tendresse égales ?
  • Une vie normale de Louis Tremblay (HMV). Cadeau de mon plus jeune fils. Première fois où je reçois un livre d'un de mes enfants, il était un peu nerveux en me l'offrant. Une perspective d'émotions avec son « Cheminement d'une mère à travers la vie, la mort et le deuil d'un enfant ... ». Disons que j'ai le goût, malgré un peu de crainte vis à vis du sujet, de découvrir cet auteur dont la première oeuvre en 2003 « États d'homme » a été accueilli par le Prix littéraire Abitibi-Consolidated et le grand Prix de la relève littéraire Archambault.


Et à travers les festivités de Noël, aujourd'hui nous avons fêté ma belle-soeur pendant que ma « chère petite soeur » mettait au monde Simon, son premier enfant à 42 ans. Une journée riche en émotions, disons que je vais grandement apprécier d'entamer Les accoucheuses « La révolte » dans le bain ce soir. À la fin du premier tome, Anne-Marie Sicotte donne les innombrables sources dans lesquelles elle a puisé la trame historique du roman. Nous avons le plaisir de plonger dans une histoire et dans l'Histoire du Québec vers les années 1845.


Les Accoucheuses est un roman très accrocheur, volubile, il y a tant à dire sur l'histoire des sages-femmes à travers l'Histoire que les péripéties l'emportent parfois sur le style littéraire mais je suis arrivée à m'en balancer royalement. L'histoire de Léonie et Flavie est absolument bien menée. Ces dernières années, je privilégiais le roman bref, évitant le 500 pages, alors vous imaginez bien que le 900 pages avec promesse de nombreux tomes, je passais outre. Eh bien, ma résolution de 2008 sera d'y revenir, et elle sera facile à tenir. J'ai apprécié ce qui ne m'arrivait presque plus, considérer un personnage de roman comme un membre de ma famille. De m'en soucier, comme s'il existait réellement. Avec les histoires courtes, cela m'arrive rarement. Par contre l'ambiance dans un roman plus court est souvent bien cernée, plus définie. Comme pour les films, peut-on dire qu'il y a les romans d'action et les romans d'ambiance ? C'est beaucoup résumer, donc caser un peu, mais quand même, cela m'aide à mieux comprendre mes élans du coeur.


Merci à tous pour vos bons voeux, ça me va droit au coeur et puis, j'ai bien hâte d'apprendre s'il y a des livres surprenants qui sont sortis de leur boîte, des livres que vous ne vous attendiez pas de recevoir.

lundi 24 décembre 2007

Sous la pluie ou sous la neige : Joyeux Noël !

Notre auto l'est, sous la neige, avec deux roues dans notre cher fossé ! Il était tentant hier, ce fossé, en revenant de quelques emplettes et d'un souper entre amis. La pluie dénudant la glace, nous a dirigé où nous ne voulions pas aller. Depuis cette heure, deux garages envoyés par la CAA sont arrivés avec la ferme intention de nous sortir du trou, je dis bien l'intention, mais incapables de grimper, ils s'en retournent dépanner les "dépannables" ... Rappel à la CAA une troisième fois et cette fois, ils nous donnent enfin la permission d'appeler le super héro du village qui, lui, met des chaînes sous ses roues. Donc, je ne suis toujours pas à emballer les cadeaux, occupée à appeler ou encourager le mari qui aime bien la neige mais a d'autres choses à faire aujourd'hui que de la regarder tomber. C'est sûr qu'il en a un de content, le Père Noël, il travaille mieux quand il neige (lui, pis son traîneau volant, on l'envie un peu), c'est plus discret, la vision s'embrouille dans le tourbillon du flocon.

* * *
Hier, nous sommes allés chercher un dernier cadeau dans une librairie noire de monde. Ça aussi ça fait plaisir à l'oeil ! Les librairies renflouent leur caisse pour les creux de vague, inévitable au moment où tout le monde lira les livres emballés sous l'arbre. Vous savez, ce non discret livre avec lequel il faut user d'astuces à l'emballage afin qu'il ne soit pas repéré dès la première manipulation. Parfois, je l'habille d'un chandail (je parle du livre, vous me suivez toujours), pour qu'il reste incognito le plus longtemps possible. Mon chum de mari, quant à lui, ne recevrait que des livres, rien d'autres que des livres, et il en serait parfaitement heureux. Ça vaut donc la peine que j'habille un peu les livres, vous comprenez, une femme aime bien un homme avec un beau chandail. Disons que c'est sa reliure à lui, mon homme.

Bon, je divague, c'est la neige, parce qu'il n'en manque pas ici, elle tourbillonne comme mon esprit. Comme tout le monde est aux derniers préparatifs (je vous souhaite que ce soit pas les premiers, de toutes manières ceux-là ne seraient pas à me lire !) et me donne l'exemple, je vais y aller moi aussi. Avant, c'est du fond du coeur que je vous souhaite la paix de l'esprit qui mène droit à la santé du corps. Avec ça, vous devriez vous fricoter plein de projets emballants !

JOYEUX NOËL !!!

dimanche 23 décembre 2007

En ligne droite vers du joyeux

J'ai réalisé tout à coup qu'il est grand temps que je remplace par un autre le titre « l'en-tête » de mes billets, puisque l'on y trouve le mot « triste ». L'émotion « tristesse » n'est pas très populaire au moment même où je vous parle. On tend vers le « joyeux » autant que possible. En tout cas, on fait beaucoup d'efforts pour ça. On est si occupé que pendant quelques jours, on arrive à mettre de côté ce qu'il peut y avoir de lamentablement triste, piteusement triste ou même, tristounet.

J'arrête tout de suite mon plaidoyer pour la tristesse qui son droit d'exister le reste de l'année, et je vous entretiens plus justement du Temps des fêtes. Ce qui me frappe le plus ces jours-ci, et particulièrement parce que je termine de réviser mon agenda « festivité » est le manque de temps dans le Temps des Fêtes. Je veux pourtant lire à satiété moi ! Avec la commande livre cadeaux que j'ai osée, je suis en droit de réclamer du temps au Temps des fêtes. Premièrement, il me reste à peine une cinquantaine de pages aux Accoucheuses, « La fierté » et "La Révolte" s'en vient (deuxième tome). Et puis, Marc et moi, lisons à tâtons, Un petit pas pour l'homme de Stéphane Dompierre. Un livre de réflexions comiques sur l'état d'homme fraîchement célibataire serait pour le moment une manière de résumer le tout. Nous ne raffolons pas, ni ne détestons, un de ces livres qui nous laisse un peu neutre, il en faut, sinon on exploserait d'émotions et ce n'est pas indiqué, surtout avant de faire bombance.

Comme à mon habitude, j'ai fureté mes blogues favoris ce matin, et réalisé que bien du monde sont dans les magasins. C'est ma déduction et j'y crois encore plus depuis que j'ai entendu aux nouvelles que 1,000 $ est dépensé en moyenne par tête d'habitant. Je ne sais pas vous, mais je ne fais même pas partie de la moyenne des gens. Et en quelque part, ça me fait plaisir ! Car sinon, j'en aurai pour quelques mois à payer mes dettes et de l'argent occupé à payer des dettes, cela ne se dépense plus en achat de livres. J'ai le souci de répartir le chiffre d'affaires des librairies, que leurs tenanciers ne soient pas tentés, derrière leur comptoir déserté, de fermer boutique pour aller se chauffer la couenne sous le soleil des Tropiques ! Évidemment, je ne vais pas jusque là dans mes intentions, elles sont plus égoïstes que ça, dans le fond. En surface, on se trouve mille raisons pour excuser un « fond » ...

Ne vous méprenez pas, je ne suis pas morose, seulement un peu fatiguée. Deux partys consécutifs, ne m'ont laissé aucune minute pour lire dans un bain. Je m'ennuie déjà de mes compagnons silencieux, mes livres. D'ailleurs, j'en profite pour vous en souhaiter tout plein sous l'arbre ! Je ne décline pas mes voeux tout d'un coup, je ferai durer le plaisir.

jeudi 20 décembre 2007

Triste pour la littérature québécoise

Ne vous en faites pas, ce n'est pas dramatique mais ça donne un petit pincement au coeur. Je suis allée porter quelques titres québécois de livres usagés au Tourne-Livre de Sherbrooke. Ce matin, une des propriétaire m'a appelé, elles n'en prennent aucun. La cause : ça se vend pas. Elles les ont essayé, disent-elles, les nouveaux venus, mais la demande du client, ce sont les valeurs sûres ; du Marie Laberge, Michel Tremblay, Guillaume Vigneault pour les jeunes. La chose littéraire est bien compartimentée, ne nous mélangeons pas ; Guillaume Vigneault pour les jeunes !

C'est sûr, une librairie de livres usagés doit aller avec la demande, si elle veut survivre, si elle veut mettre de la margarine aux gras non saturés sur ses toasts. En quelque part, oui, je comprends. Les livres qui s'empoussièrent, c'est pas gagnant, l'argent roule pas et il faut qu'il roule, l'argent. Ça ne m'empêche pas de trouver le refrain triste, la ritournelle un peu révoltante. Quelque chose me dit qu'il y aurait quelque chose à faire, on ne peut pas à ce point se soumettre aux lois du marché. Un dialogue, pour ne pas dire une obstination en règle s'enclenche dans ma tête. Les missionnaires, ces personnes pour qui le jeu de l'argent n'est pas en cause, d'un côté, et la littérature québécoise rentable, de l'autre. Il me semble, je dis bien il me semble, que si je tenais une librairie de livres usagés, j'essaierai de fondre les deux côtés, en continuant mon apostolat du livre québécois. J'aiderai la demande à surgir. J'essaierai de jouer un rôle pour ce faire. Je ne baisserai pas les bras aussi facilement devant la sacro-sainte demande. Une autre voix (sur mon baptistère, je porte le nom de Jeanne D'arc – et c'est strictement la vérité !) me dit que je ne suis pas dans cette position et que c'est alors facile de parler. Quelle voix a raison, quelle est la voix de la raison ? Je vous en prie, exprimez vos voix que je sorte un peu de ma tête, il est temps !

Pour ma pile de livres prêts à être lus par d'autres yeux, je vais donc me rabattre sur Montréal, la grande cité. Probablement, qu'ils vont accepter quelques titres de ces nouveautés québécoises, encore là, je n'en suis même pas sûre. De toutes manières, je vous ferai suivre le dossier, promis. Moi, qui pensais que la nouveauté avait toujours meilleur goût ... pas dans le domaine de la littérature, semblerait-il. Partout ailleurs, mais pas dans ce domaine. Les auteurs édités pour une première fois de leur vie, ici, au Québec, n'ont pas de mérite à rester humbles ! Impossible de s'enfler la tête et encore plus difficile de s'enfler le portefeuille !

Bais non, je vais pas rester morose bien bien longtemps, les grelots des petits lutins vont me sortir de mon état ... surtout que je les entends à l'année !

Foi d'une Jeanne d'Arc.
* peinture ci-dessus : Christine de Pisan "Jeanne d'Arc et le pouvoir"

mardi 18 décembre 2007

La BD rime-t-elle avec futilité ?

De moins en moins, je pense. Par le dessin, il est possible de passer des messages forts, et surtout une histoire, une vraie histoire. Pas seulement des blagues. Nous (j'ose vous inclure !) n'avons rien contre les blagues, bien sûr. C'est amusant. Mais le médium BD n'est pas exclusivement une trappe-à-rire. Il y a le rire intelligent qui fait réfléchir ou fléchir, doublement, par le dessin et par le mot. Deux pour le prix d'un !

Je vous explique mon petit problème. C'est difficile de donner une BD en cadeau de Noël à un bédéiste (mon mari) qui collectionne les collections de BD ! Je suis devant un gros dilemme à chaque fois et à chaque fois, je m'informe et ça retire le pétillement de la surprise. Donc, cette année, j'ose la BD Chroniques Birmanes. Faut dire que je l'ai déjà entendu vanter une des BD de ce Guy Delisle, un Québécois, en lice pour le meilleur album BD en Angoulême. Me semble que je ne peux pas me tromper, dites-moi ? J'imagine que vous ne me le direz pas, tout simplement parce que, comme moi, vous avez tendance à passer à côté du 9ième art (je m'initie ... je m'initie). Allez, détrompez-moi ! Pour une fois que je désire ardemment me tromper !

Donnez-vous des BD en cadeau ? Donnez-vous des livres ? Ou avez-vous peur de vous tromper ? ... pas toujours facile de donner des livres, je dirais surtout des romans. Il faut connaître la personne. Mais je reviens à mon mouton (oups, il me la pardonnera !) Guy Delisle, je vous le présente ce bédéiste québécois qui s'illustre comme illustrateur et conteur d'une histoire, ma foi, qui est loin d'être superficielle, vérifiez vous-même :

Comme un écho précieux à l’actualité récente, Guy Delisle nous invite à le suivre en Birmanie où il a passé un peu plus d’un an. Après son passionnant volume sur la Corée du Nord, ses Chroniques Birmanes sont un témoignage essentiel, simple et personnel sur une des plus terribles dictatures mondiales.

Les hasards de la vie et son parcours de dessinateur voyageur seraient-ils en passe de faire de lui un spécialiste incontournable des dictatures asiatiques ? Après un récit chinois (Shenzen) et un saisissant compte- rendu de son expérience en Corée du Nord (Pyongyang), l’auteur de BD québécois Guy Delisle confie plus de 250 pages exceptionnelles.
Ses précédents voyages ont été motivés par ses activités professionnelles dans le cinéma d’animation. Il a cette fois suivi son épouse en mission pour
Médecins Sans Frontières au Myanmar (le nom officiel de la Birmanie depuis 1989), avec leur tout jeune fils, pour une plus longue durée.
Il en ramène un recueil de
Chroniques Birmanes où les petits faits et gestes de son quotidien d’expatrié se mêlent au compte rendu des aberrations du régime.

La dictature et le quotidien
Toujours racontées à hauteur d’homme, les anecdotes qui ont émaillé son séjour permettent de mieux saisir la réalité de la petite communauté internationale travaillant pour les ONG et les difficultés permanentes qu’elle rencontre pour mener à bien ses actions.
Elles révèlent aussi quelques aspects de la vie locale traditionnelle, la fête de l’eau, le passage quotidien des moines avant les récents évènements…
Nous sommes en 2005, mais derrière l’apparente tranquillité des rues de Rangoon, pointent les injustices et carences imposées par la junte militaire, les effets de la censure, les zones interdites, les rumeurs, la désinformation et la peur permanente. A quelques rues de chez lui, sous haute surveillance et inaccessible, Aung San Suu Kyi est assignée à résidence.

La force du trait
Que l’apparente simplicité du trait de plume noir et blanc ne nous trompe pas ! Guy Delisle est un dessinateur remarquable, un observateur hors pair qui en quelques vignettes sans prétention campe un environnement d’une grande précision. La forme claire épouse le ton de son récit à la perfection et prouve une nouvelle fois combien la bande dessinée peut être un médium puissant.
Jean Marc JACOB - www.lepetitjournal.com- jeudi 22 novembre 2007

Un propos assez vendeur, n'est-ce pas ? Êtes-vous surpris qu'il se dessine de tels BD ?

dimanche 16 décembre 2007

La parole est au Grand public

J'ai des relents du Salon du livre de Montréal. Je sais, je suis « passée date », ça m'arrive de temps en temps et je ne m'éteins même pas ! Pour le trentième anniversaire, le Salon a pensé à faire parler le « Grand public ». Avec de petits cadeaux au bout, ils nous ont invité à commenter, par écrit, le livre « tellement aimé » (sic). C'est cruel d'en choisir seulement un. Et puis, je me suis dit, quand il y a seulement ça de cruel dans sa vie, c'est pas si grave.

J'ai relevé quelques commentaires qui m'ont particulièrement frappée (en italique à la fin). Mon petit côté, « chiffro-statico » vous dira que sur 123 commentateurs, 17 étaient des hommes. Harry Potter n'a pas gagné la palme de la popularité, plutôt Le chevalier d'Émeraude de Anne Robillard, égalisé par Si c'était vrai de Marc Lévy. Une surprise pour moi La femme d'à côté est enceinte de Michel Tremblay, deux fois mentionné. Tout titre confondu, Marie Laberge remporte la palme du québécois. Place au Grand public :

Catherine Tourangeau L'Homme rapaillé, Gaston Miron Éditeur : Typo
La poésie de Miron, ça fait l'effet d'une goutte de miel sur la langue, ça coule à travers notre bouche et jusqu'à notre âme comme un vent chaud. C'est appaisant par moments et émoustillant à d'autres. C'est un pied-de-nez aux massacreurs de langues. C'est le plus bel air de Chopin traduit dans des mots québécois et authentiques. C'est ce que je voudrais écrire. C'est ce que je voudrais devenir. C'est un message d'espoir. L'Homme rapaillé, c'est une Bible qu'il faut garder en tout temps du côté coeur. L'Homme rapaillé, c'est l'histoire de l'amour d'un homme et de sa langue. (Aaaaaah ... de la poésie. Le seul)

Gabriel Payant Les frères Karamazov Dostoievski Éditeur : Éditions Gallimard
Ce livre explicite avec justesse et sensibilité l'âme même des personnages qui incarnent chacun de profondes réalités humaines, bonnes ou mauvaises, mais auxquelles nous sommes tous confrontés dans la vie. (Bon, j'en prends pour mon rhume, que ce soit un chef-d'oeuvre n'est peut-être pas une rumeur)

Virginie Langlois Les chevaliers d'Émeraude, Anne Robillard Éditeur : Editions de Mortagne
J'ai 12 ans, mon livre favori est Les Chevaliers d'émeraude car ce livre m'a fait aimer la lecture et je l'ai dévoré. En 2005 j' ai lu le premier tome, depuis j'ai juste hâte que le tome 12 sorte. De plus, ce livre m'a beaucoup inspiré dans mes cours d'art plastiques et dans mes productions écrites à l'école et mon oiseau porte le nom d'un Chevalier d'Émeraude (Onyx d'émeraude). « 12 ans, ... et puis, elle attend le douzième, son oiseau s'appelle Chevalier d'Émeraude (!!!) ... les enfants sont entiers, quand ils aiment, ce n'est pas à peu près !)

Dyane Forget Fleurs captives Virginia C. Andrews Éditeur : J'ai lu
Le premier de toute une saga familiale où quatre enfants ont été oubliés par la vie quelque part dans un grenier parce que leur grand-père ne devait rien savoir de leur existence...Ils vont faire de ce monde leur royaume et vont y vivre toutes sortes d'aventures pas toutes très heureuses jusqu'à devoir lutter pour leur survie...Un livre qui nous tient au bord d'un flot d'émotions à chacune des pages...Une histoire à dormir debout... (Juste pour le « histoire à dormir debout » et puis elle commente bien).

France Bolduc L'homme au déficient manteau, Georges-Hébert Germain Éditeur : Libre Expression
C'est une biographie très bien écrite. Georges-Hébert Germain a une très belle plume. Il utilise la langue française avec beaucoup de tact et de chaleur. Il aimait beaucoup Marc Favreau et tout son texte le dégage. Il nous fait découvrir un être exceptionnel. Naturellement, il est question de Sol, notre clown national. Mais la biographie raconte surtout une grande histoire d'amour entre Marc Favreau et la vie. Il a actualisé sa vie riche sur tous les plans : professionnel, familial, amical, social, etc. Cette biographie m'a permise d'admirer davantage cet homme qui nous a laissé en héritage le pouvoir des mots et une critique intelligente et inspirante pour la société. J'ai eu la chance de la voir en spectacle pour une dernière fois à Gatineau,. C'était le 27 octobre 2005, ce fut son avant-dernier spectacle. Adieu Sol ! (Un hommage mérité, l'acrobate des mots n'est plus sur notre sol mais il vit toujours dans nos esprits)

Hélène Faucher La fille du cardinal tome 1 Nadine Grelet Éditeur : VLB
J'ai aimé ce livre. Je l'ai lu en 4 jours, je ne pouvais plus arrêter de lire. En 3 semaines, j'ai lu les 3 tomes. Très beau livre et c'est québécois. (Pour terminer par un ... et c'est québécois)

samedi 15 décembre 2007

Dawson Kid

Nous sommes le 15 du mois, la Recrue a sorti ses 8 commentaires de différents blogues rapatriés sous cette premère oeuvre de Simon Girard. Dawson Kid passe au crible aujourd'hui. Là, ça y est les avis sont partagés. J'aime ça, vous savez combien j'aime les avis divergents, ça nourrit l'esprit. Il y a cependant un point (presque) commun, le sexe de Rose. Je reste mystérieuse dans le but de vous attirer ici.

Rose épineuse

N'attendez pas de moi que je dise que c'est un livre coup de poing. Trop tentant, trop lu, trop vu. Il y a d'autres choses à dire de l'histoire de cette femme écorchée qui trépigne sur un pied et sur l'autre, une femme « gars » avec l'adrénaline poussé à bout et la testostérone à fleur de peau. Cette Rose, une jeune femme que l'on suit en ressentant un fort inconfort. J'ai éprouvé de la difficulté à la suivre, autant qu'à l'abandonner. Pourquoi ne pas l'avoir abandonnée ? Sa douleur répétitive a quelque chose de lassant, une douleur qui ne mène nulle part, c'est dur sur les nerfs. Un exploit de l'auteur qui a réussi à me raccrocher à ses problèmes grossis à la loupe, ces coups de poing (bais oui, je succombe !) à la vie et à celui qui lui a donné la vie. Je me le suis demandé, vous pensez bien, pourquoi il est si difficile cet attachement grandissant avec les lignes qui nous passent sous l'oeil ? Je réponds à cause de l'intensité, palpable, celle du créateur de Rose, et je nomme Simon Girard. On sent que ça bouillonne dans cette tête d'écrivain qui pousse le crayon avec instinct et fougue. Son principal talent est de laisser bouillir à gros bouillons sans mettre de couvercle. Il ne faudrait pas mettre de couvercle, ça déborderait c'est sûr.


L'attachement à Rose est essentiel puisque l'on souffle en même temps qu'elle et je l'ai eu ardu, laborieux, pour refus de son sexe. J'ai refusé son « femme » longtemps, presque tout le temps. Je ne la voyais pas femme, cette Rose épineuse. J'entendais et voyais l'auteur tout le temps souffler dans son personnage comme dans un personnage gonflable. Ce n'était pas Rose qui apprenait à donner les coups de poing au bon endroit entre quatre cordes bien tendus, mais un homme, l'auteur c'est certain. Et puis, il faut dire que les premières scènes de boxe m'ont quelque peu lassée. Décortiquer à ce point un coup de poing, c'est du haut voltige d'écrivain mais est-ce que la spectatrice cloisonnée que j'étais, et non férue de boxe a embarqué dans le ring ? Non. Le goût a été grand, de sauter quelques crochets mais je ne l'ai pas fait par respect pour l'auteur si présent, si intense dans son désir d'être. On ne raccroche pas au nez de quelqu'un qui nous raconte sa vie par petits coups, haletant.


Certaines phrases, certains paragraphes m'ont laissée coite, c'était senti pas seulement écrit, j'étais béate d'admiration devant cet oubli de soi pour se laisser aller au geste d'écrire. Écriture nerveuse et instinctive. Écriture qui s'abandonne. J'ai hâte de voir le prochain sujet de l'auteur, bien sûr, j'ai hâte. Se donner un peu plus de temps pour peaufiner, pour sortir du jet à l'état brut, qu'est-ce que ça donnerait ? J'ai l'impression que l'auteur écrit à chaud mais que le travail de réécriture n'est pas son fort, entraînant dans le texte des mouvances qui pourraient décourager certains impatients. À ce qui me semble.


Mais un jour, mêlant l'ardeur naturelle au travail acquis, un chef d'oeuvre, pourquoi pas, pourrait être à portée de plume.


N'oubliez pas de lire les autres commentateurs, c'est très intéressant et c'est ici.

mercredi 12 décembre 2007

"Les Accoucheuses" pendant "Babine"

Quel titre mystérieux je vous fait là ! Je m'explique. Hier, je jouais le rôle d'une laitière dans « Babine », le film de Luc Picard, scénarisé par nul autre que Fred Pellerin. Quittant Eastman, « aux aurores », selon la formule consacrée par René Homier-Roy (« morning-man à Radio-Canada), je suis revenue tard, très tard, il faisait noir comme chez le loup et le coq était couché depuis belle lurette. Il faut dire que les tournages, c'est long, c'est une question d'attente plus que de travail. La brique à lire est donc de rigueur et j'en avais justement une « Les Accoucheuses » d'Anne-Marie Sicotte (photo). J'en suis à la moitié, malgré quelques clous plantés pendant ma lecture, en carencée de sommeil que j'étais. Sans compter que l'ambiance sur ce tournage étant réjouissante, je n'avais pas le goût de m'en couper complètement.


Si vous en avez entendu parler, vous avez sûrement hâte de voir ce film, un conte en fait. Il y a de la magie humaine dans l'air et pour tout ceux qui se le demanderaient, oui, Luc Picard est un gentleman mais sans gant blanc, ni noir. Un gentleman à main nue, à la coudée franche et direct comme le sont souvent les gens d'action mus par de valeureux principes d'égalité. Si je le dis, c'est pour l'avoir observé depuis longtemps et c'est à croire que son rôle de Michel Chartrand lui est rentré dans le corps. C'est un défenseur au verbe haut et à la grogne sentie. L'intégrité suinte de tous les pores de sa peau et hier j'ai eu l'occasion de tester jusqu'à quel point il met ses principes en pratique. Dans la majorité des tournages, la hiérarchie fait loi en ce qui concerne la bouffe. Du côté des rôles importants et de l'équipe technique, les tables débordent de victuailles variées et d'excellente qualité, tandis que du côté des rôles moindres, le menu est différent, la table collation presque vide. Hier, aucune différence, tout le monde a mangé comme rois et reines, et en même temps. C'est tout à son honneur et par ce billet qui s'écarte un peu de la littérature, je désirais vous en faire part.


Mais je reviens Aux Accoucheuses, vous lançant un peu de poudre aux yeux pour que vous réalisiez moins ma diversion cinéma. J'aborderai mes impressions un tantinet seulement puisque je me réserve un commentaire plus complet à la fin de ma lecture. Je lui laisse à ce roman toute la chance de son épaisseur. Par contre, deux anecdotes ne feront pas de tort, quant à avoir parlé de « Babine », badinons un peu. Quelques hommes sont venus me demander qu'est-ce qui motivait ma lecture, faut dire que j'avais l'air assez gourmande, tenant cette pièce pesante. Cette question a donné l'occasion à un figurant de déclarer qu'il était le beau-frère de l'auteure, Anne-Marie Sicotte. Je suis restée coite un instant et puis lui ai demandé s'il l'avait lu. Non, m'a-t-il répondu, sa femme, oui par contre. Je n'ai pas été surprise pas ce« non », malgré qu'il connaissait l'auteure. J'ai de la difficulté à imaginer un homme (malgré que un, oui peut-être) dévorant 900 pages décrivant avec moult détails, accouchement après accouchement. Pourtant, la bataille entre médecins et sages-femmes y est bien menée et à travers l'affirmation d'une mère et de sa fille pour la cause des sages-femmes, on apprend beaucoup sur les moeurs du Québec au 19ième siècle. Mais je n'en dit pas plus, j'y reviendrai ! Je termine par une autre cocasserie qui m'a fait rêver une demie minute. Prenant le livre entre ses mains du côté du quatrième de couverture, une personne m'a demandé « C'est vous ça ?», comme j'avais compris « C'est à vous ça ? » , j'ai répondu oui ...

lundi 10 décembre 2007

Un morceau d'étoile filante

Voilà, c'est fait, le Salon du cadeau est derrière moi. Pas la fatigue par contre, celle-ci est restée avec moi. Je ne pense pas que ce soit demain qu'elle va me quitter puisque j'ai une figuration dans le film « Babine » (nom temporaire) de Fred Pellerin et Luc Picard. Il faut être à Montréal à 18 h 45 !

Je reviens au Salon pour remettre à l'ordre du jour l'image que je vous ai promise et qui va vous éviter mille mots ! Ce livre édité par nul autre que mon conjoint a de belles illustrations et l'histoire est un suspense féérique pour les enfants de 4 à 8 ans. Quelques personnes m'ont promis de cueillir les commentaires des enfants à qui les livres étaient destinés, leurs âges variant entre 3 ans et demi et 7 ans, dont deux Éliane de 7 ans (je me suis bien informée si c'était la même !). Un morceau d'étoile filante est une histoire que j'ai contée en cours d'écriture, les enfants ont donc eu leur mot à dire, pas le dernier mais tout ceux avant !

Aujourd'hui, je reviens à la littérature pour adultes. J'ai appris par le Clavier bien tempéré (Lucie) que l'écrivain Sylvain Trudel avait gagné le Prix du Gouverneur général pour
« La mer de la tranquillité ». Et ce n'est certainement pas la promotion médiatique que l'auteur en a fait qui a aidé à lui mériter cette récompense. Des entrevues, Sylvain Trudel n'en donne pas, j'avais retenu cette particularité de lui. Il a fait une exception pour La Presse mais attention, une entrevue rédigée suite aux questions, probablement expédiés par l'interviewer.

Si ça vous intéresse d'en savoir plus long sur ce mystérieux personnage, et en même temps découvrir son style, ça vaut la peine de lire cette entrevue où personne ne s'est vue, ni entrevue. Le moins que l'on puisse dire est que chacune de ses réponses a une charge mystérieuse qui a de l'impact sur notre imaginaire. À le lire, on serait porté à croire que pour être un bon, un très bon écrivain, il faut vivre dans sa bulle.
J'étais déjà curieuse de le lire, après cette entrevue écrite, je le suis encore plus.
À court de mots, je vous laisse une autre image

vendredi 7 décembre 2007

Vendre au lieu d'acheter des livres

Bonjour à vous tous !

Je suis à la veille d'un évènement qui m'a demandé tout mon petit change (expression typiquement québécoise !) à préparer. Une petite escapade derrière un comptoir à vendre des livres, au lieu d'en acheter. Cela fait un net changement dans ma vie ! J'explique, je ne voudrais pas vous laisser croire que je suis devenue libraire. J'ai réservé une table au Salon du cadeau d'Eastman, je participe donc à cette deuxième édition qui avait, paraîtrait-il, eu un franc succès l'an passé.

Sur ma table, on ne retrouvera pas seulement "Un morceau d'étoile", conte à la moderne pour enfants de 4 à 8
ans, illustré par Marc. Vous reconnaissez là mon chum de mari ceux qui fréquentent assidûment Le Passe-Mot, le reconnaisse. Édité par Marc. Hé oui, nous appliquons à la lettre l'adage "On est jamais mieux servi que par soi-même" ! Ah oui, j'oubliais ... enfin, presque ; écrit par moi. Je vais tenter d'emprunter un appareil photo numérique afin que vous le voyiez. Pas mon chum mais l'album. Il faudrait que vous le voyiez, il est si beau ! (je réalise que j'ai drôlement bien fait de préciser !) Et ce n'est pas parce que mon chum en est le maître d'oeuvre que je le dis, ce qui mérite d'être prouvé !

Il n'y aura pas que des livres sur cette table, aussi des sculptures serties de pierreries, des cartes de Noël, collage-poinçon, méthode unique, toujours du même artiste. Sans oublier évidemment les signets qui illustrent "Soie", de Alexandro Barrico, La lenteur de Milan Kund
era, Zazi dans le métro, Raymond Queneau. Pourquoi Marc a choisi d'illustrer ces 3 romans ? Un souvenir d'un "jadis" club de lecture appelé "Ludolit" ; Ludo pour ludique et lit pour deux raisons ; lit pour lire et l'autre parce que l'on se réunissait en soirée, et la règle était d'endosser le pyjama. C'est surprenant comment les divergences se prennent mieux en pyjama. Bon, assez placoté, je dois compléter mes préparatifs à la veille de cette expérience qui me rappelle celle que j'ai vécue au mois de mai au Festival des écrits de l'ombre. Ça tombe bien, lisez ci-dessous, on y cherche des auteurs. Cette année, je vous l'annonce assez tôt, que vous ayiez le temps de vous préparer.
Le Festival des écrits de l’ombre est à la recherche d’auteurs
Le prochain Festival des écrits de l’ombre se déroulera du 16 au 19 mai 2008 à Saint-Antoine-de-Tilly. Le comité organisateur est à la recherche d’écrivains méconnus qui souhaitent être édités ou qui ont déjà publié à compte d’auteur; tous les genres littéraires sont admis. Lors de l’événement, les participants pourront présenter l’ensemble de leurs écrits, faire connaissance avec d’autres auteurs et des gens du milieu du livre, ainsi qu’établir un contact direct avec le public et recevoir de l’information utile. Enfin, un répertoire présentant tous les participants sera disponible sur place. Pour de plus amples informations, veuillez vous inscrire en contactant : Festival des écrits de l’ombre C.P.35, St-Antoine-de-Tilly (Qc), G0S 2C0, info@ecritsdelombre.com ou (418) 886-2747

jeudi 6 décembre 2007

Les mardis de Béatrice : Qui est Francine Tougas ?

Bon, enfin nous y voilà à cette fameuse réplique de l'auteure même. Ça fait toujours un effet « boeuf » ces contacts directs avec un écrivain. La littérature nous frôle, nous flirte. Ce n'est plus la chasse gardée de l'univers imaginaire. Les écrivains vivent, ont besoin de temps, d'encouragement afin de poursuivre leur oeuvre, souvent colossale.
Le quatrième de couverture nous la présente sommairement : Francine Tougas en plus d'être auteure est comédienne et scénariste. Les mardis de Béatrice est son premier roman (vous allez comprendre pourquoi en lisant ce qui suit !) Amorcé il y a dix-huit ans et complété par touches successives au fil des années, elle nous offre un suspense captivant, teinté d'humour et de franche émotion.

Je recevais le courriel de Francine Tougas, le 5 juillet 2005 à 11:55:03 (!!!),

Bonjour à vous toutes (en fait, elle nous a nommé chacune par notre prénom),

Tout d'abord, merci pour le plaisir que m'a apporté par votre « projet » autour de mon roman : ça m'a réellement excitée et fait plaisir.

D'autre part, pardon pour le long délai avant cette réponse. J'ai eu des problèmes de santé, mais je me replace.

J'ai imprimé le courriel de Venise et je viens de le relire. Inutile de vouloir répondre à toutes les questions qui y étaient soulevées. Mais je retiens que vous en avez fait une lecture intelligente, attentive, passionnée même ! En lisant les commentaires de chacune, je voyais plusieurs Béatrice et plusieurs psys prendre vie, comme si chacune avait « écrit » le roman à sa manière, selon sa vision, son besoin, sa propre imagerie intérieure.

Oui, il est question d'une série télé, mais ça aussi ça a pris du retard ... Je m'y remets. Merci pour les suggestions de comédiens**** ... Certains noms m'étaient déjà venus en tête.

J'espère que vous passez toutes un bel été, que Stéphanie s'en tire bien avec son petit bébé nouveau, et que toutes vous aurez le temps de jouir un peu du beau temps.

Merci encore de votre soutien, et, oui, ça m'encourage pour écrire à nouveau ! Merci Venise, pour avoir servi de courroie de transmission.

Je vous embrasse toutes chaleureusement,

Francine Tougas

C'est un mot très humain, très chaleureux. Ce n'est pas surprenant qu'elle ai pondu cette histoire sur les relations en passant par une relation de psy à cliente.

J'ai évidemment fait suivre mes deux premiers billets du Passe-Mot à la principale intéressée, encore une fois, elle m'a répondu :
Chère Venise,

Vous me voyez ravie de constater que Béatrice existe encore pour ses lecteurs (trices).
Un scoop: je travaille actuellement sur une version télé du roman. Rien de sûr, rien d'accepté, rien de signé, mais je travaille fort pour...

Merci encore!

* * * Pour les curieux de connaître les noms de comédiens suggérés : à l'unanimité, Guy Nadon pour le psy. Quelques noms pour Béatrice : Céline Bonnier, Sophie Lorain, Marie Turgeon (la blonde de Christian Bégin dans Rumeurs).

mardi 4 décembre 2007

Les Mardis de Béatrice ; les lectrices

Pour répondre à la demande générale, les « oui » explicites, plus la vaste masse silencieuse des lecteurs (qui ne dit mot, consent : HA HA ! ...ton pharmaprix), je vous transcrit les notes que j'avais alors prises. Je dis bien « transcrit » puisque le ventre de mon nouvel engin ne contient plus ces données. Attention, mes petits commentaires nécessaires ou non nécessaires sont en italique.

« Samedi, nous avons commencé notre échange, il n'était pas loin d'être 23 h 00 » (ça placote des filles !). Cinq des six lectrices ont plongé allègrement dans ce dialogue d'un psy à sa cliente, le tout se dévorant rapidement, même goulûment ; une, en 24 heures et celle qui a le plus traîné, en 3 jours. Nous étions donc 5 sur 6 à irradier d'enthousiasme. Disons, à son corps défendant que la moins enthousiaste a dû lire sur l'heure du dîner au travail. Qu'elle est enceinte et fatiguée. La magie n'a pas opérée, elle ne s'est pas attachée à Béatrice. Autre point, elle n'a pas terminée sa lecture.


Pour deux personnes, l'intérêt a démarré tranquillement. Il fallait s'habituer au ton de Béatrice, femme au propos très sarcastique, certaines diraient même, exagérément sarcastique. Cependant, l'intérêt était fort pour continuer la lecture. Une autre lectrice a imaginé toutes les rencontres entre le psy et sa cliente récalcitrante sur une scène. Elle les a mis en scène, ne pouvant s'empêcher de voir Béatrice en personnage de théâtre. Elle a lu le livre, riant à gorge déployée, surtout les pensées de Béatrice (2 niveaux ; elle pense et elle parle), suffisamment pour que son conjoint en soit intrigué.

Le livre noir du psy (carnet à la couverture noire où le psy consigne des idées pendant l'entretien) a beaucoup intrigué, se demandant jusqu'à la fin qu'est-ce qui en sortirait. Deux des lectrices se sont complètement identifiées à Béatrice. Une des lectrice (moi !) visualisait à la place de Béatrice, l'amie qui lui a offert le livre en cadeau. Celle-ci renchérit, un peu surprise de le réaliser tout à coup, c'est effectivement « elle » tout crachée, ce réflexe du sarcasme haut en couleurs face à sa marée d'émotions.


On n'a pas attendu la fin de la discussion pour aborder la fin de l'histoire (quelle indiscipline, l'animatrice (moi) doit dormir aux toasts !). Faut dire que pour la majorité, cette fin est chargée d'émotions, 3 sur 5 ont eu besoin de papier mouchoir ! Et là, s'en suit une discussion animée (malgré l'heure tardive !) sur le rôle du psy dans le cadre d'une thérapie. Est-ce que les marques d'intérêt explicite du psy étaient sincères, jusqu'où peut-il aller et jusqu'où celui-ci est-il allé ? Je suis celle qui a été le plus captée par le rôle du psy, la majorité en avait que pour Béatrice. Son comportement d'aidant m'a complètement renversé, j'étais admirative, j'aurais aimé qu'il existe vraiment !


Nous sommes revenues au début (les fins nous amènent souvent au début ... oups, là il faut que je censure, pour éviter de vendre un punch), reprenons du centre (lieu plus sécurisé), le compte-rendu de sa relation mère-fille a beaucoup touché, particulièrement une des participantes. Cela lui a rappelé la sienne, sa lecture était donc chargée d'émotions. La « longue confession » (je m'en souvenais plus, c'est vrai qu'il y en a une) a impressionnée tout le monde.


S'ensuit une inévitable discussion sur les thérapies. Est-ce possible dans la réalité qu'elles soient aussi humaines que celle-là ? Et quant à y être, pourquoi pas une divergente qui annonce fièrement que pour elle, la thérapie n'était pas commencée, à cause des réticences de Béatrice, et qu'elle commencera une fois le livre fermé (quelle imagination ces filles ... à quand la suite de ce roman !?). Un autre moment fort de notre discussion a été la tragique question : est-ce qu'il y a eu de l'inceste avec le père. L'entre-ligne est large mais il y a consensus ; il ne DOIT pas y avoir d'inceste, cela aurait rompu le charme. Béatrice ne doit pas être un « gros cas » (avis à l'auteure qui n'a qu'à bien se tenir !).


J'ai apporté à l'attention de toutes qu'il y avait des pourparlers pour en faire une série télévisée, s'en est suivi des gageures sur quel comédien incarnerait le pys et quelle comédienne, Béatrice (discussion inintéressante pour vous qui n'avez pas lu « Les mardis de Béatrice »).

* * *
Force est de constater que le projet télésérie n'a pas abouti même si son auteure, Francine Tougas vient du milieu. Dans le prochain billet, justement, on fera connaissance avec elle, à travers les grandes lignes de sa vie publique et surtout via les mots de son courriel.

dimanche 2 décembre 2007

Ressusciter "Les mardis de Béatrice"

Un jour, pour mon anniversaire, j'ai reçu d'une très bonne amie, ce roman « Les mardis de Béatrice » de Francine Tougas. Une fois que j'ai achevé de le déballer, un peu nerveuse, mon amie s'est approchée et m'a dit « Je pense que tu vas l'aimer ». C'est un genre de gageure ; donner un roman à quelqu'un, même à une personne que l'on aime beaucoup. Même à une personne dont on croit connaître les goûts. J'étais certainement intriguée par le livre ; pourquoi celui-là ? me demandais-je. Pourquoi celui-là parmi tant d'autres ? C'est étourdissant les librairies quand on n'est pas un abonné des blogues littéraires (je prêche pour ma paroisse, après tout, c'est dimanche !) !

Fébrile, je cherchais qu'est-ce qui avait bien pu l'aiguiller vers ce choix. Je lisais le quatrième de couverture :

- Vous êtes dans quel état ?
- Ma mère vient de mourir, mais je veux pas en parler. Je viens de me rendre compte que mon père a fucké complètement ma jeunesse et continue de m'obséder ... mais je veux pas vous en parler non plus. Ce matin, j'ai envoyé chier mon patron, puis j'ai foutu le camp du bureau ... mais je ne suis pas ici pour vous parler de mon travail. Dans le fond, je suis assise ici à vouloir parler de rien à mon psy, tout en lui demandant de me convaincre de continuer la thérapie. C'est ça, mon état. Ça répond à votre question ?
Un silence où il me « considère gravement », comme on lit dans les livres. Pour une fois, je soutiens son regard. À chaque séance, Béatrice jure que c'est la dernière. Elle y retourne pourtant le mardi suivant. Irrésistiblement.

Bizarre. Curieux. Elle me voit dans ce roman. Bizarre. Curieux.

Évidemment, je n'ai jamais été aussi pressée, pour ne pas dire anxieuse, de lire un roman. Au début, j'essayais de détecter dans chaque ligne qu'est-ce que mon amie avait vu pour penser que cette histoire était pour moi. À un moment donné, j'ai oublié l'analyse de ma personne pour me donner coeur et âme à celle de Béatrice. Car oui, c'est une histoire de rencontre avec un psy à chaque mardi. Une rencontre au corps et défendant de Béatrice. Elle veut aller chez le psy, elle y tient même, mais ne veut pas fouiller ses bobos. À peine si elle veut les effleurer. Elle reste en surface et quel meilleur moyen de le faire que se fabriquer un personnage franchement sarcastique ? Ce qui en fait un livre succulent d'humour. Le lecteur joue le rôle de spectateur caché derrière une latte du bureau du psy puisque c'est là que tout se passe. Un tête à tête avec deux personnages, dont un est en parfait contrôle, le psy. Avoir l'assurance qu'un psy serait d'une telle générosité et d'une telle ingéniosité, j'accoure dans son bureau et lui déballe ma vie sur le champs !

Je m'arrête ici car j'ai tant à dire sur ce roman. Trop à dire pour un billet. On peut dire que c'est le roman qui a suscité le plus de réactions dans ma vie. Premièrement, quand je l'ai reçu, j'étais entourée de ma « gang » d'amis, filles et gars. Je ne sais pas qu'est-ce qui s'est passé mais toutes les filles, aucun gars remarquez-le, a émis le désir ardent de le lire. Évidemment j'ai promis de le prêter. Certaines, incapables d'attendre la fin de la tournée, ont été se l'acheter. Ensuite, réalisant l'ampleur de l'engouement, nous avons décidé de nous céduler une rencontre « club de lecture » en bonne et due forme. Comme aucun mâle n'avait daigné s'y intéresser, nous nous sommes concoctées une rencontre, mettant à l'écart ces messieurs. Six filles désirant échanger sur un roman qui appelle la discussion, les larmes, les frustrations, les opinions. Tout ce qui se vit finalement. Par des filles peut-être ... je ne sais pas. Pendant cette rencontre chez moi, rencontre que je prenais très au sérieux, j'ai pris des notes des avis de chacune. C'était pêle-mêle et assez émotif. Pas facile mais je tenais à le faire. J'avais ma petite idée derrière la tête. Je désirais contacter l'auteure et lui offrir ce compte-rendu. Je me mettais à sa place me disant que moi, si j'étais une auteure, ça me ferait plaisir. C'était en 2004. Je ne connaissais pas les blogues littéraires (avaient-ils cette importance alors ?) et je lui ai écrit, puisqu'elle avait eu l'audace de laisser son adresse courriel à la toute fin. Elle m'a répondue. J'ai gardé ces deux courriels. J'ai aussi conservé le compte-rendu de lecture des filles.

Est-ce que ça vous intéresse que je les publie dans « Le Passe-Mot » ?

jeudi 29 novembre 2007

"Les naufragés de Chélon" a fait une heureuse

*** (rf. illustration fin du texte)
Vous vous rappelez le jour où je vous ai parlé d'un concours sur le blogue « Les écrivains québécois » (Carole) ? Je vous l'ai bien dit n'est-ce pas que je l'ai gagné ce fameux roman jeunesse « Les naufragés de Chélon » de Annie Bacon ? Cette dernière m'a fait la judicieuse suggestion de joindre une lettre à ma filleule. Je la lui ai courriellée et elle eu la gentillesse de la joindre au colis.


Si je vous
en parle aujourd'hui c'est pour partager avec vous l'émotion que m'a donnée ma filleule par tout le sérieux avec lequel elle prend cette attente de commentaire. Je l'ai invité, dans ma lettre, à nous donner son commentaire à la suite de sa lecture. C'est charmant un enfant de 10 ans avec toute sa bonne volonté. Lisez-vous même, j'en parle dans ce dernier courriel adressé à Annie Bacon :


Bonjour Annie Bacon !


Je viens à l'instant de parler avec ma nièce, Ève qui a reçu son livre dédicacé par le courrier. C'est la deuxième fois que je lui parle suite à l'envoi. La première fois, c'était le lendemain de son anniversaire et elle semblait sous le choc d'avoir reçu un roman dédicacé par la poste. Elle m'a laissé un message sur mon répondeur, son ton était un peu automate, légèrement monocorde, faut dire que c'était le matin avant de partir à l'école !


Aujourd'hui, elle m'a appelé d'elle-même pour me poser des questions. Quelles étaient les questions auxquelles j'avais dûes répondre pour le gagner, qu'est-ce que j'aurai fait si je ne l'avais pas gagné ... Ensuite, elle m'a bien précisé qu'elle le lirait avec sa mère, à haute voix, chacune sa page. Elle veut être certaine de ne pas se tromper dans ses commentaires qu'elle aimerait laissé sur internet par la suite ! Et puis, un moment donné, elle a eu un cri du coeur qui devrait vous faire plaisir : "Je vais le garder toute ma vie ce livre-là !"

Venise

Je vous tiens au courant de la suite des choses, c'est à dire quand Ève sera prête à nous donner son commentaire, si elle le désire toujours bien entendu.

*** Illustration. Personnage du roman "Les naufragés de Chélon" de Annie Bacon : Elsie, 12 ans, Artiste bohème et féminine avec un excellent coup de crayon.

mardi 27 novembre 2007

Causerie avec Robert Lalonde

J'ai vécu un moment unique hier. Nous étions un groupe à écouter Robert Lalonde qui est venu expressément à la bibliothèque d'Eastman pour nous causer, sans prétention, de sa démarche d'écrivain. Juste avant d'arriver, il a entendu à la radio de son auto, l'annonce que son recueil de nouvelles était finaliste pour le Prix des libraires. Je me suis tout à coup sentie très près de notre littérature, très près de nos écrivains et encore plus, d'un écrivain. Cela m'a donnée une bouffée de chaleur au niveau du coeur.


Robert Lalonde est un être assez spécial, c'est la deuxième causerie à laquelle j'assiste et je suis toujours aussi impressionnée par sa simplicité d'approcher l'état d'être d'écrivain. Pas un métier, un état d'être. Selon lui, on ne décide pas de devenir écrivain, genre un choix de carrières parmi tant d'autres. On l'est, point à la ligne. Et comment l'est-on ? En écrivant, écrivant, écrivant. Par incapacité de s'en abstenir. Le geste de remplir de calligraphie les feuilles d'un cahier, il ne l'approche pas sous l'angle de l'efficacité productive menant droit à la performance, cette maladie du siècle ! Il écrit des « tonnes de copies » pour n'en garder que quelques unes. Qu'importe d'écrire pour « rien », ce rien n'étant jamais rien pour un écrivain. Aimer écrire pour écrire. D'ailleurs, cet arrachement du manuscrit d'entre ses mains afin qu'il puisse aller se promener sous les presses de l'éditeur est un enfer à chaque fois. Son entourage a fini par connaître cette manie de ne jamais considéré son manuscrit fini. Le dernier qu'il a remis récemment, quand il l'a réclamé pour y apporter des changements, son éditeur a prétendu l'avoir perdu !


Il faut aimer beaucoup et passionnément c'est encore mieux, manipuler les matières premières de l'écriture ; les mots, les émotions, l'être humain. Tout geste d'écrire commence donc par l'observation. Il se traite de fouineux de la pire espèce, le nez fourré partout, une vraie blette. Une condition essentielle à l'écrivain, d'après lui. Et ne pas vouloir le confort à tout prix. Ah, il la trouve bien bonne celle-là, la "passion du confort" ; deux mots irréconciliables d'après lui. Il faut éprouver de la passion mais surtout pas celle du confort ! Le confort, pour l'imager, serait s'ancrer profondément dans son fauteuil - ou ses idées - avec aucune envie d'en sortir de peur de prendre le risque d'avancer un pied dans la mauvaise direction, s'enfarger et peut-être même se tromper, qui sait. Ne pas avoir peur de plonger profond dans sa mare humaine. Il y a les pleins et les plaines, en alternance avec les secousses thermiques de l'écrivain, cet inévitable mal de peau devant sa feuille remplie de lui. Un détour obligé que ces tremblements de doutes qui te secouent afin de mieux prendre le large par la suite. Prendre le risque de faire un détour. Et au fait, un détour par rapport à quoi ? Perd-on son temps quand on est écrivain ? apporte à notre attention cet homme de théâtre qui nous mime ces états d'âmes, en contorsionnant son corps fort (coffre-fort) d'une manière si convaincante ! Tout est de la matière à engranger dans notre baignoire mémoire où flotte librement, jusqu'à la dérive, nos souvenirs.


De cette causerie, je garde justement du souvenir, impérissable. Il est clair que cet enseignant (il a un plaisir évident à transmettre, il enseigne à la jeunesse) trouve que le monde se barde de fausses sécurités, se conforte à adopter des idées et y tenir avant même de les avoir tester. Qu'il faille absolument une idée de départ pour partir un roman, Robert Lalonde s'en méfie comme de la peste. Il faudrait plutôt renifler son vécu qui dégagerait une odeur si forte, si envahissante à la narine que, inévitablement, les mots débouleraient. Les laisser débouler est un geste d'abandon, un grand geste par les temps qui courent, le plus difficile peut-être.


Mon amie et moi sommes sorties de cette causerie, enchantées, ravigotées, rassurées. Oui, c'est ça, rassurées. Il a l'art de rassurer. D'avoir entendu sur tous les octaves combien ce n'est pas grave d'être compliqué, que c'est bien plus compliqué de ne pas vouloir être compliqué, pose un baume sur nos complexes face au complexe ! Si on sait accueillir son invitation à se débarrasser de nos concepts, nos prêt-à-penser, on revient à un geste naturel : laisser couler les mots, ils savent, eux où ils s'en vont.

Clark et les autres, Stéphane Bertrand (Hurtubise HMH)
Le reste du temps, Esther Croft (XYZ éditeur)
Les carnets de Douglas, Christine Eddie (Alto)
Parfum de poussière, Rawi Hage (Alto)
Un taxi la nuit, Pierre-Léon Lalonde (Septentrion)
Espèces en voie de disparition, Robert Lalonde (Boréal)
Tarquimpol, Serge Lamothe (Alto)
Léon, Coco et Mulligan, Christian Mistral (Boréal)
Chroniques du lézard, Maya Ombasic (Marchand de feuilles)
Le jardin sablier, Michèle Plomer (Marchand de feuilles)
Treize contes rassurants, Marc Provencher (Leméac)
Le froid modifie la trajectoire des poissons, Pierre Szalowski (Hurtubise HMH)

dimanche 25 novembre 2007

Jusqu'au bout de La moitié d'étoile

Oui, j'ai résisté au lâche abandon, je suis arrivé au bout de ce périple, la lecture de "La moitié d'étoile". Sur le quatrième de couverture, on parle de roman « déroutant ». Carole (Les Écrivains québécois) a parlé de « étonnant » ... À étonnant et déroutant, je rajoute mélangeant. À force de mélanger les genres, le terre-à-terre et le étoile-à-étoile, j'ai perdu pied. Si vous aimez perdre pied dans vos lectures, vous avez là un livre précieux où l'égarement est pour ainsi dire garanti !


À visiter ainsi les mondes infinis, j'aurais pu être enlevée surtout que le style de Tourangeau est entraînant. Il a la plume déliée. Elle s'emporte, s'abandonne, s'excite à se donner le vertige vers le plus vaste que soi. Comme son personnage principal d'ailleurs ; un écrivain fou. Fou d'amour et de jalousie. L'auteur nous impose d'habiter la tête fêlée de ce grand écrivain amoureux de l'étoile de sa vie, Mira, sa Mira qu'il a sortie du gouffre du désespoir et de la prostitution. Je vous assure que ce n'est pas de tout repos de siéger au coeur de la tête d'un écrivain fou de jalousie, envieux de surcroît, et visant le "5 étoiles" (la perfection) que lui refuse un critique littéraire M. Tracemot.


Il y a tout d'abord le lassant de son délire jaloux où sa Mira est aussi froide que la plus froide des étoiles et par conséquent fait semblant d'être chaude avec lui. Il ne croît absolument pas à l'amour de celle qu'il aime follement et il devient forcément cruel comme tous les jaloux du monde. Malgré toute la redondance de cette jalousie maladive, ce propos terre-à-terre m'a tenu un peu captive de l'histoire, en tout cas plus que ces escapades vers les lointaines galaxies avec sa Stella, sa déesse inventée ou non inventée. Vous êtes face à un choix bien réel ; croire à la réalité de l'imaginaire ou non. Le monde imaginaire de l'écrivain est-il une réalité ? Est-ce ces questions que Pierre Tourangeau veut faire réfléchir sur le miroir de notre conscience ?


Peut-être. Si encore, j'avais aimé ces grandes envolées imagées et imaginées vers cet univers grandiose où les êtres ne ressemblent à rien que je n'ai déjà vus. Je ne suis pas du tout portée sur la « science-fiction » et ce n'est pas ce roman qui va m'amener sur ce sentier.


Je reste convaincue que l'auteur a l'imagination assez débridée pour plaire aux amoureux du genre. D'ailleurs, le quatrième de couverture nous en avertit : Un roman qui oscille entre la science-fiction et le terre-à-terre le plus réaliste. Ça oscillait un peu trop pour moi, voilà tout ! Le mal de Terre m'a pris dans ce tourbillon de vrai et d'invraisemblances. Dans le milieu d'un paragraphe réaliste, partir vers les contrées de l'imaginaire, me donne le tournis. C'est ma limite à moi et c'est là est une nuance extrêmement importante. Écoutez plutôt un amateur du genre, Tristan Malavoy-Racine, chef de pupitre, section littéraire du Voir :

Ça donne une caricature du milieu littéraire (Letendre publie aux Éditions des Imbuvables!) entrecoupée d'errements amoureux et de fuite à travers le cosmos avec un être immortel énigmatique - la muse qui mènera Letendre vers la demi-étoile tant convoitée? Chaque chapitre renvoie d'ailleurs à une étoile ou une galaxie bien réelle, dont la description est donnée en exergue.

C'est, en alternance ou en cocktail, flyé, libre, touffu, burlesque, épicurien... Jouissif, quoi.

Je donne le dernier mot à l'auteur, cliquez ici, vous allez lire une entrevue où P. Tourangeau défend très bien son oeuvre et du coup, ça équilibrera le manque d'enthousiasme de la non fervente de science-fiction que je suis.

jeudi 22 novembre 2007

La Bibliothèque

Mon intention n'est pas de disserter sur la Bibliothèque, ce lieu béni par les grands curieux de ce monde. Ce lieu qui met la connaissance à portée de main, gratuitement. Avoir tout près de chez soi, une instance toujours prête à te prêter un livre, c'est précieux, j'en suis consciente.


C'est juste que dernièrement une donnée m'a frappée en plein front. Vous savez une de ces informations que l'on sait pertinemment bien mais dont nous n'avons pas encore réalisé l'ampleur. Admettons qu'on emprunte toujours ses livres à la bibliothèque, je dis bien toujours, qu'on se fait un honneur de stratégie budgétaire d'emprunter tous nos livres à la Bibliothèque, comment alors nos écrivains vont-ils continuer à vivre (façon de parler !) de leur plume ? Et comment vont-ils continuer à fournir nos Bibliothèques ?


Il faut qu'il y ait des personnes qui les achètent ces livres, pendant que nous les empruntons ! Entendons-nous bien, je ne veux pas dire de ne jamais mettre les pieds dans cet antre du savoir à la portée de tous. C'est une nuance que je veux apporter, une simple nuance qui fait toute la différence pour nos chers écrivains.

Ma proposition, parce que j'en ai une (!), faites-vous un cadeau en faisant des cadeaux livres cette année ! Soyez le Père et la Mère Noël de nos écrivains. Pour le juste équilibre des choses.


Et puis, ne vous gênez pas de me dire que c'est déjà votre habitude, ça me tente tellement de l'entendre !


* * *

Continuant sur ma lancée Bibliothèque, la causerie avec Robert Lalonde, lundi, le 26 novembre à 19 h 00 a lieu à la Bibliothèque d'Eastman et NON PAS à la salle municipale.


mardi 20 novembre 2007

Le critère "jeunesse" n'est pas considéré

* * * détail de l'illustration à la fin
Je vous mets en contexte. Tout ce questionnement est parti de la remise en question de certaines personnes, dont moi-même, sur la pertinence du choix des 5 romans québécois soumis aux étudiants pour le couronnement du lauréat du Prix littéraire des Collégiens (pour plus de détails, lire mon billet "La jeunesse lit du québécois"). Puisque Stanley Péan, écrivain et combien d'autres titres (!) en est le porte-parole officiel, je me suis adressé à lui sur son blogue afin de mieux comprendre. La meilleure manière de vous en rendre compte est encore que vous preniez connaissance de mes questions et de sa réponse. À vous maintenant de vous faire une opinion.


À Stanley Péan : J’ai reçu le commentaire d’une personne qui le suit à chaque année et qui s’étonne de ce choix qui ne lui paraît pas très “jeunesse”. Il s’est donc informé qui décidait de ces titres et il apparaît que ce soient les journalistes du journal “Le Devoir”.
Sont-ils vraiment les meilleures personnes pour en décider ? S’informer auprès des professeurs de CEGEP par exemple, ou en tout cas des personnes qui côtoient de près notre belle jeunesse ?
Après tout, l’idée est de leur donner ou de leur garder le goût de lire, puisque du beaucoup lire découle le bien écrire, non ?

J’aurais dû rajouter un exemple. Dawson Kid de Simon Girard par exemple (il est la Recrue du mois de décembre) que j’ai lu d’un bout à l’autre, aurait un excellent choix pour la jeunesse. Peut-être pas pour ces messieurs et dames du Devoir par contre.

Je vous inonde, pardonnez-moi, mais c’est pour la bonne cause ; j’ai tout à coup pensé que vous ne connaissiez peut-être pas ce récent blogue “La recrue du mois”. Un blogeur ( l’écrivain et libraire, Éric Simard) et sept blogeuses, dont une de la France, passent au crible de la critique une première oeuvre fictive québécoise. Nous en sommes à la troisième “Dawson Kid” de Simon Girard, après “Le Sang des colombes, de Dany Leclair et “Les carnets de Douglas” de Christine Eddie.
Nous sommes très fiers de notre recrue française à la Recrue, une blogeuse Caro(line), extrêmement populaire en France. Elle est récemment venue au Québec et a rapporté une douzaine de titres, désirant commencer par L’histoire de la littérature québécoise. Ce qui fait qu’elle en sait probablement plus que moi ! Son site (www.krolinh-lectures.blogspot.com), si vous - ou d’autres ! - voulez entendre parler de notre littérature, c’est idéal parce que du bouche à oreille, il s’en fait abondamment puisque ce blogue assure une moyenne de commentaires d'environ 40-50 par billet !
Voilà, je ne vous importune plus, promis !

Bonjour Venise,

Vous ne m’importunez pas, rassurez-vous. Le jury de présélection est composé de journalistes de l’équipe du cahier Livres du Devoir (Jean-François Nadeau, Christian Desmeules et Danielle Laurin), d’un représentant du CRILQ (Gilles Dupuis, professeur à l’UdM) et de moi-même. Nous débattons de la production littéraire de l’année qui achève et tentons de nous entendre sur cinq oeuvres narratives que nous estimons de qualité et qui nous semblent représentatives de la diversité de la littérature québécoise contemporaine. Le critère «jeunesse» ne fait pas partie de nos préoccupations; ce n’est pas de cela dont il s’agit. Et même si le choix de Dawson Kid a été évoqué, ce roman n’a tout simplement pas fait l’unanimité autour de la table. Ça arrive, voilà tout…

Par ailleurs, j’irai volontiers faire un tour sur le site dont vous me parlez. Et j’ajouterai un hyperlien dans mon Blogroll(ce que Stanley Péan a gentiment fait d'ailleurs - Venise).


Source de l'illustration de l'en-tête :
Un petit garçon qui avait peur de tout et de rien
Texte de Stanley Péan; illustrations de Stéphane Poulin.- Montréal : La Courte échelle, ©1998.- 24 p. : ill. coul.; 22 cm. ©Stéphane Poulin (illustrateur). Reproduction autorisée par Les éditions de la courte échelle inc.